[Journal de bord du Commandant] Jour 5

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[Journal de bord du Commandant] Jour 5

Message par Chrysaor le Dim 27 Aoû - 22:22

Jours 1 à 4

- Présentation de l'équipage et du vaisseau, le SSV Saratoga, par Othyrus Vithan, un Turien, Commandant en second.
- Mes équipiers sont logés dans les quartiers des invités au pont B tandis que j’occupe le pont A, réservé au Capitaine. Un luxe auquel je ne suis pas habitué.
- Nous quittons la citadelle dès le premier jour pour partir en direction de Johab, une colonie humaine. Une épave non identifiée a été aperçue dans leur espace proche, nous devons enquêter.
- Durant le voyage supra-luminique - 5 jours - ma première décision est de tester les aptitudes martiales de l'équipage : seules 5 personnes sur 39 sont formées au tir, Joel Baxter les juge acceptables.

          - note à moi-même : organiser un entrainement quotidien pour chaque membre de l'équipage -

- J'emploie le reste de mon temps à étudier les dossiers de l'équipage et les capacités du vaisseau. Ce dernier est de la même classe de frégate que le célèbre SSV Normandy.

Jour 5

Nous arrivons enfin à destination. L'épave se révèle être un croiseur Turien disparu durant la Grande Guerre. Il porte les stigmates d'un violent affrontement, toute une partie semble avoir été arrachée par une énorme décharge énergétique : l’œuvre des Moissonneurs.  Malgré tout, notre frégate fait pâle figure devant cette énorme masse.
Nos instruments nous indiquent que l'épave est attirée par le champ d'attraction de la planète et pourrait s'écraser sur la colonie de Johab. S'il est envisageable que notre armement détruise la carcasse, le risque que des débris atteignent la surface de la planète ne sont pas négligeables. Je prends la décision de nous y arrimer et de partir en exploration. C'est surtout une très bonne occasion de faire mes preuves auprès de l'équipage et de tester les compétences de mes équipiers.

Les scanners ne montrent aucune trace de vie - le contraire aurait été étonnant mais prudence est mère de sûreté - et l'arrimage est un succès grâce à l'habilité étonnante du timonier Perez. Malgré sa grande gueule, il semblerait que sa réputation soit méritée. Nous prenons avec nous un ingénieur en atomistique; notre but est simple : mettre en surchauffe le réacteur thermonucléaire du croiseur afin de créer un explosion suffisamment puissante pour qu'aucun débris massif ne subsiste. Une solution un peu radicale motivée par l'état même de l'épave : la piloter nécessite de toute façon de réactiver ce même réacteur dont les avaries ne permettront probablement pas de le stabiliser.

Sans surprise, les compétences de mon équipière de toujours, Nahel, se révélèrent rapidement utiles. Sa connaissances des systèmes et sa capacité à les utiliser nous permis de gagner un temps considérable : des pans entier du vaisseau étaient inaccessibles du fait d'énormes trou dans la coque. En débloquant certaines portes, cela nous évita un large détour, au pris d'un petit saut dans le vide. Malgré l'aide de Joel, l'Ingénieur, un gratte-papier notable, fut pris de panique durant le saut, menaçant de les emporter tous les deux dans le vide interstellaire. En usant de mes pouvoirs biotiques je créai un champ gravitationnel autour d'eux afin de les stabiliser, permettant à Joel de nous rejoindre tant bien que mal. Il fut très difficile de calmer M.Isaac et son manque de courage nous fit perdre un temps précieux.

- note à moi-même : il ne devrait pas être trop difficile de recruter un nouvel ingénieur compétent et avec l'expérience du terrain -

La réactivation du réacteur ne prit pas plus d'une demi-heure et la sensation de la gravité pesant à nouveau sur nous fut aussitôt suivie d'une brutale poussée. Plusieurs alarmes se mirent à hurler dans nos oreilles malgré l'atténuation du casque et des transcripteurs audio : à la tête que faisait le physicien, ce n'était pas ce qu'il attendait. Le réacteur allait bien exploser comme prévu mais les propulseurs du croiseur avaient été rallumés. Un rapide échange avec le SSV Saratoga nous apprit qu'ils avaient pu s'écarter sans dommage et que selon toute prévision, le PSF Querillion allait s'écraser dans moins de 40 minutes sur la colonie Humaine. Incapable de nous fournir la moindre explication cohérente sur ce qui avait pu déclencher l'activation des moteurs anti-protons, je décidai que les raisons de l'incompétence du scientifique devraient attendre. Nous n'avions désormais plus qu'une seule priorité: dévier la trajectoire du vaisseau, coûte que coûte.

Heureusement pour nous, le redémarrage du réacteur, bien qu'instable, fournissait suffisamment d'énergie pour alimenter les ascenseurs. Cela nous permit de rallier le pont B en un temps record. Le poste de pilotage, au pont A, n'était accessible qu'en traversant le mess, par l'escalier principal. Alors que nous gravissions les marches quatre à quatre, nous nous retrouvâmes pris sous le feu de six fusils d'assaut tenus par des Droïdes de combats de classe Loki et Vali. Instinctivement, l'entrainement militaire que nous avions tous suivi prit le pas sur la réflexion. Nahel fut la première à agir, déclenchant une surcharge du bouclier d'un des Droïdes, à droite, permettant aussitôt à Joel d'y placer deux tirs ravageurs. D'un geste, je fis surgir du néant une orbe de destruction de 3 m de diamètre sur trois autres droïdes à notre gauche. Leurs armures se mirent lentement à se déliter tandis que leurs gestes étaient contraints, rendant leur assaut plus aléatoire. Enki chargea enfin les deux derniers Droïdes mais fut pris de court et son bouclier tomba en essuyant une salve de tirs. Malgré leur handicap les 3 Droïdes pris dans l'orbe chaotique arrosèrent ma position, Nahel vînt en renfort en érigeant un rempart d'énergie grâce à son omnitech. Cela me permit de me mettre à couvert derrière la rambarde de l'escalier tandis que Joel venait en renfort d'Enki. Juste avant que le rempart ne cède, j'évaluai la situation et en profitai pour affaiblir l'intégrité d'un des deux Droïdes menaçant Enki. Les boucliers de ces satanés Droïdes étaient anormalement robustes...un front prolongé allait mettre mes équipiers en danger... Je leur criai de de se retirer vers ma position et commençai à concentrer mon énergie.

Dès qu'ils furent en sécurité je déchargeai mon pouvoir en une tempête chaotique de forces contraires sur les Droïdes. Joel avait reculé mais faisait toujours face, entêté comme un Krogan. Ses tirs firent mouche mais ceux de l'ennemi également, son bouclier tomba et malgré son armure, une balle lui traversa l'épaule. Heureusement pour lui, les armures militaires étaient prévues pour de telles blessures et la zone percée se comprima, évitant toute fuite d'air mais aussi toute hémorragie. Nahel lança une nouvelle décharge et Enki couvrit Joel le temps que ce dernier nous rejoigne. Malgré la douleur visible sur son visage, Joel continua à arroser rageusement les Droïdes.

Concentré pour maintenir la tempête gravitationnelle, dans la cacophonie des alarmes nous rappelant l'urgence de la situation, je leur criai de neutraliser un des Droïdes. Son unité centrale nous permettrait peut-être de trouver des indices. Un autre Droïde tomba et Joel détruisit l'arme d'un second avant de lui foncer dessus, une fois de plus, comme un Krogan fou furieux. Les trois derniers Droïdes soumis à mon champ de force volèrent en éclats quasiment dans le même temps.

Sans perdre de temps, j'aidais Joel à neutraliser promptement le Droïde fait prisonnier en lui arrachant les bras. Là où la force brute ne suffisait pas, il fallait recourir à la biotique. Nahel démonta rapidement son unité que je plaçai dans mon paquetage. Chacun en profita pour recharger ses boucliers à l'aide d'une cellule d'énergie neuve.

La salle de pilotage était vide et complètement saccagée, inutilisable. Une destruction récente, causée par des tirs de fusils d'assaut, comme ceux que portaient ces Droïdes, tout aussi récents. Une inscription en Butarien avait été écrite sur le mur, faisant l'effet d'une ultime bravade. L'idée que cette épave n'était pas ici par hasard et que ces foutus propulseurs ne s'étaient pas activés à cause de l'incompétence de notre Ingénieur fit son chemin dans mon esprit. Mais l'heure n'était pas au questionnement. Il ne nous restait plus que 25 min avant d'atteindre le point de non retour. Gravement, je regardai mes compagnons et leur laissé le choix de regagner le vaisseau ou de me suivre...pour peut-être ne pas revenir. Notant avec satisfaction et une certaine fierté qu'aucun d'eux ne se défila, j'appelai le SSV Saratoga et donnai notre situation avec l'ordre de détruire le croiseur dans 24 min, avec ou sans nous.

On jeta l'Ingénieur terrorisé dans la première capsule de secours que nous trouvâmes et descendîmes à toute vitesse vers notre dernière chance de sauver totalement la colonie : la salle de contrôle de l'Intelligence Virtuelle du vaisseau. L'urgence de la situation nous poussa à prendre des risques car le pont F était à l'autre bout du vaisseau. Lorsque nous débouchâmes dans la cette salle, trois mitrailleuses automatiques ciblèrent Joel. Heureusement, nos boucliers rechargés encaissèrent l'attaque. Une fraction de seconde plus tard, l'une était broyée, une autre complètement grillée et la dernière explosée par deux tirs bien ajustés.

Un cube de métal était connecté aux serveurs de l'I.V. Nahel l'identifia rapidement comme une I.A. On la déconnecta aussitôt mais le mal était fait : le vaisseau fonçait toujours à toute allure vers la colonie, son réacteur thermonucléaire sur le point d'exploser. La tension était à son comble, tout reposait maintenant sur Nahel. Il ne lui restait pas plus de 15 min pour dévier ce foutu tombeau volant.

Un essai, un échec. Un second essai....insuffisant. Il ne nous restait plus qu'une seule tentative pour espérer quitter cet endroit à l'aide d'une capsule de secours, sans être pris dans le souffle de l'explosion. Joel faisait tout son possible pour aider Nahel mais son anxiété se lisait dans tous ses gestes.

Imperturbable, la Quarienne essaya une dernière fois, se tourna vers nous et dit :

"- Je crois qu'on peut courir maintenant"


La capsule s'éjecta, la poussée nous écrasa les uns contre les autres. Une sourde terreur me liquéfia les entrailles lorsque l'explosion du PSF Querillion engloba tout l'espace visible par le hublot. L'armature de la seule chose nous séparant de la mort vibra, chauffa. La lumière perçant par le hublot devînt insupportable. Pendant plusieurs secondes, tout n'était que chaos. Puis tout cessa.

Enfin, la capsule s'extirpa du brasier, vers le vide glacé et silencieux de l'espace.

Le Saratoga nous récupéra rapidement et nous informa de notre réussite : le croiseur avait explosé suffisamment loin de sa trajectoire d'origine pour ne risquer aucune retombée sur la planète.

Beaucoup de questions restaient sans réponse. Les Butariens, non pas sans raisons, haïssaient les Humains. Cela semblait pourtant trop complexe pour un simple groupuscule terroriste. Une première étude de l'IA que nous avions récupérée, nous apprit que le vaisseau avait été programmé pour s'activer et exploser dans l'atmosphère de la colonie. Comme une douloureuse plaie qui se ré-ouvre, une idée s'imposa à moi : une contamination à l'Ezo. Cerberus.

Ces salauds avaient fait des émules, j'en avais l'intime conviction.
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Chrysaor

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