Aventure mexicaine - séance du 06.10.17

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Aventure mexicaine - séance du 06.10.17

Message par Eric L. le Dim 15 Oct - 18:15

Un mardi de septembre 1908, je suis en train de vaquer à mes occupations dans mon cabinet de Lanquetot quand je reçois un câble d’un certain docteur Cavor, une invitation pour le rejoindre à Londres, au Club des Voyageurs. J’ai déjà entendu le nom de Cavor, mais je ne réussis pas à remettre le doigt sur l’endroit où la circonstance de ceci… Nous verrons bien. J’ai déjà travaillé avec le Club des Voyageurs lors de voyages en Egypte, et le Club Osiris dont je fais partie est un allié de longue date avec les voyageurs.

Lors de mon arrivée au Club, dans la salle où j’attends mon rendez-vous en sirotant un brandy, je rencontre plusieurs personnes hautes en couleurs : un natif américain taciturne, une nonne (avec qui j’aurais de longs débats philosophiques sur l’existence et l’importance du divin par la suite), ainsi qu’un antiquaire que je connais déjà, passionné comme moi pour les civilisations disparues et avancées.

Le docteur Cavor nous reçoit, et commence à nous exposer son projet : cet homme veut, ni plus ni moins, s’envoler vers notre bon vieux satellite, la Lune ! Ce voyage sélénien ne pourra être effectué que sous une dernière condition : l’homme a découvert, ou plutôt a fabriqué, un nouvel alliage, qu’il a appelé bien modestement la Cavorite. Ce matériau, doté d’un magnétisme puissant, est le seul à même de protéger le navire qui l’emmènera dans l’espace. Pour ma part, j’imagine de suite les applications pour la conservation des corps humains : de plus en plus d’automobiles sillonnent nos routes. Ces automobiles ne sont pas confortables et provoquent des problèmes de dos à cause des vibrations : des routes métalliques et de la Cavorite permettraient à ces automobiles de léviter au-dessus des voies. De même, les véhicules équipées d’une carrosserie en cavorite se repousseraient naturellement : plus de chocs et d’accidents.

C’est décidé, l’expédition se fera en ma compagnie ! La récompense proposé par le docteur Cavor ne me convient pas, cela dit. Partir sur la Lune en sa compagnie ? Je suis docteur, pas sélénien !

L’expédition en elle-même est presque simple : pour sa cavorite, le docteur a besoin d’un matériau bien spécifique, malheureusement peu répandu. L’un de ses agents aurait trouvé une mine pleine, au Mexique, dans la province de Chihuahua., non loin du petit village de Naïca. Ce village se situe à quelques heures de Saucillo. Le docteur Carver nous confie une lettre de marque, afin de pallier à toutes les dépenses que nous aurions à effectuer, ainsi que des places sur un navire en partance pour le Mexique.

Je profite des quelques heures libres avant d’embarquer pour aller acheter un dictionnaire d’espagnol, ne parlant malheureusement pas cette langue, les deux semaines de voyage me permettront aussi d’avoir des rudiments.

Nous arrivons dans la ville de Saucillo, et nous sommes accueillis en grande pompe par le Gouverneur de la province de Chihuahua : Miguel Calavera, ainsi qu’un parterre de journalistes et de notables. Nous logeons même dans la demeure du Gouverneur. Cela dit, toutes ces effusions ont un but caché : l’homme voudrait que nous enquêtions sur la mort louche de son gendre, retrouvé noyé sur les bords d’un lac. Forts de nos préjugés occidentaux, nous nous demandons tout de suite s’il ne s’agit pas d’une vengeance contre le gouverneur, qui nous disait avoir remplacé son prédécesseur il y a peu de temps. Mais le prédécesseur en question a juste pris sa retraite, nul besoin d’enquêter là-dessus… Le gendre répondait au nom de Juan Taberner, et travaillait comme mineur dans le village de Naïca. Un rapport avec la raison de notre venue ? Très certainement… Et l’ambiance est tout de suite moins, comment dire, positive.

Nous partons donc pour la morgue, pour examiner le cadavre. Non pas que je n’ai pas confiance en les capacités des médecins locaux, mais je sais de quoi je suis capable. Et la bonne soeur veut prier pour l’âme du défunt. J’imagine que ça lui sera d’une parfaite inutilité, mais bon. Les superstitions auront toujours leur effet sur les gens, tant que l’humain sera faillible. Raison de plus pour avancer dans mes travaux. En examinant le corps, nous nous rendons compte que la cause de la mort est bien la noyade :Nashoba réalise que les vaisseaux sanguins des yeux de la victime étaient éclatés. Pour ma part, je retrouve dans les poumons du mort de l’eau. Mais cette eau est très spéciale : elle ne contient aucun minéral, rien ! Jamais, de toute ma vie, je n’ai vu ça. Cette eau ne provient certainement pas du lac, ni de la mer, ni de nulle part d’ailleurs ! D’autre part, des marques de décollements dans la trachée montrent bien que Juan est décédé en souffrant atrocement, avec des quintes de toux monstrueuses. Le corps a été retrouvé il y a trois jours, le décès n’avait eu lieu que quelques heures avant, d’après Pedro, le médecin légiste du coin. Malheureusement, les policiers qui ont ramené le cadavre n’ont pas pris la peine de relever des empreintes d’automobile ou même de vérifier les alentours de la scène… Je vais passer sur ce sujet, même si après toutes ces années, cette incompétence me fait toujours autant sortir de mes gonds.

Revenons à cette eau : si pure qu’on ne peut la trouver à l’état naturel, elle a dû être fabriquée, distillée par la main de l’homme. Cela nécessiterait une forte chaleur.. Je sors prendre l’air, essayant de repérer des cheminées d’usine ou toute preuve de ce qui pourrait indiquer une industrie capable de créer cette eau bien particulière. Rien. Et c’est à ce moment que mes connaissances en chimie et minéralogie me sautent au yeux : la gypse, tout comme le diamant, est créée naturellement via une chaleur immense et une pression suffisante !

Si nous trouvons la gypse, nous trouverons la réponse que le gouverneur attend !

Nous partons donc pour Naïca, et pour les raisons que j’ai évoquées plus tôt concernant les automobiles, à dos d’ânes… C’est parti pour quelques heures de voyage somme toute, assez inconfortable.

Sur la route, nous croisons une tête géante, sculptée dans la roche, en pleine forêt… L’antiquaire nous parle d’une légende amérindienne : selon le mythe, la région était contrôlée par des géants. Dans les légendes du peuple de Nashoba, lorsque ces géants mouraient, leurs corps se transformaient en pierre.. Nous reviendrons pour enquêter sur ces peuplades, mais je garde ces aventures pour d’autres carnets.

Notre accueil au village est bien moins ébouriffant que celui qui nous a été donné à Saucillo, malheureusement. Un petit village, endeuillé par la perte de l’un des leurs. La femme de Juan, Martha, est enfermée à triple tour chez elle, et ne veut parler qu’à la nonne. Pour une fois que des croyances sont utiles à quelque chose… Nous apprenons que Juan devait aller secrètement excaver un couloir avec un certain Christobal, le soir de son décès. Ce Christobal, tombé malade, n’y est pas allé et son ami y est allé tout seul, pour son plus grand malheur.

Lors de la soirée, nous assistons à une commémoration, à l’auberge, en l’honneur de Juan. Là, Christobal nous apprend que Martha était en couple avec Roberto Arienales, la maire de Naïca. L’hypothèse de la vengeance est de retour ! Nous nous rendons compte, à ce moment, que ce dit Roberto est sorti du bar sans prévenir personne, Nashoba le suit, en éclaireur, étant le plus discret du groupe. Il faut dire qu’avec ma patte folle, je ne suis plus aussi agile qu’avant…

Nous finissons par rentrer dans la montagne, par un boyau non loin des mines d’argent dont le village dépend pour sa survie… Où nous découvrons Roberto, une pioche à la main et une flèche dans la jambe, évanoui ! Il s’avère qu’il n’avait pas vu Nashoba, mais qu’il nous avait entendu et venait nous attaquer avec la dite pioche, quand Nashoba nous a défendu en abattant le maire… Qui avait tué Juan, pour avoir seul l’accès à une grotte, remplie de cristaux… Le fameux gypse, nécessaire à la production de Cavorite et négociable à un prix monstrueux sur le marché des minéraux !

Lorsque certains tentent de rentrer dans la grotte de gypse, ils se mettent à tousser : plus de 50°, un taux d’humidité hors norme… La salle de distillation de l’eau pure, bien certainement ! Et le lieu du décès du pauvre Juan, qui a été balancé comme un sac d’ordure au bord du lac, pour que personne ne se rende compte de l’emplacement de la grotte de gypse…

Une fin bien triste…

Dorénavant, nous devons rentrer au pays. Et définir qui partira sur la Lune avec le docteur Cavor.

Eric L.
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